Lire et écrire, c’est encore un acte humain

Photo : Llamaryon
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À l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, le président du conseil d’administration de L’ICQ a pris la plume dans une lettre ouverte publiée dans les médias, pour prendre position sur la question de l’usage de l’intelligence artificielle en création.

 

Le 23 avril, on célèbre la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. C’est l’occasion de célébrer notre littérature, mais surtout de reconnaître le travail de celles et ceux qui la bâtissent. Une trouble-fête dont on ne peut plus ignorer l’existence s’est invitée récemment : l’intelligence artificielle. Toute la chaîne du livre – des auteurs et autrices aux lecteurs et lectrices, en passant par ceux et celles qui, comme nous à L’ICQ, ont fait de la diffusion de la culture leur raison d’être depuis plus de 175 ans – se questionnent sur son usage.

L’ICQ n’est pas un organisme technophobe. Les outils évoluent et les institutions culturelles doivent évoluer avec eux. Mais il y a une ligne que nous refusons de laisser brouiller : celle qui sépare la création humaine de sa simulation.

Écrire, c’est traverser quelque chose. C’est puiser dans une mémoire, une langue qui appartiennent à quelqu’un. Cette personne a un nom, une vie, et – trop souvent au Québec – un revenu précaire qui dépend directement de la reconnaissance de son travail. Quand un système d’IA s’entraîne sur des œuvres sans consentement ni compensation, ce n’est pas une question abstraite de propriété intellectuelle. C’est une question de justice envers des créatrices et créateurs réels.

L’ICQ s’est engagé sur cette question de façon concrète. Nous avons mandaté un comité pour réfléchir à la question de l’IA. Nous soutenons activement les initiatives qui défendent la question du droit d’auteur.

Défendre ceux et celles qui écrivent notre monde est aussi un acte politique. La liberté d’expression va de pair avec la liberté de publier, or les deux sont battues en brèche dans de nombreuses régions du monde, parfois bien plus près de nous qu’on ne le suppose. Dans une ère où la désinformation envahit notre espace de communication, il est essentiel de rester vigilant et solidaire.

Nous lançons un appel simple à toutes les personnes qui aiment la littérature : soutenez les auteurs et autrices d’ici et d’ailleurs.

La littérature vivante ne se génère pas. Elle se vit, elle se transmet, elle se choisit un livre à la fois, une lectrice ou un lecteur à la fois.

Gilles Herman est président de L’ICQ (Institut canadien de Québec), organisme culturel qui fait vivre la lecture, le savoir et la culture en gérant et animant le réseau de la Bibliothèque de Québec et en développant des projets, des événements et des programmes qui rapprochent les citoyennes et citoyens des idées, des livres et du monde depuis 1848. Gilles Herman est également à la tête des Éditions du Septentrion.

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